J'ai déménagé. Voici mon nouveau blog.
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Quand j'ai commencé à écrire cet article il y a 2-3 mois, j'ai hésité à le publier de peur que mes lecteurs ne se sentent offusqués. Je suis grande amatrice de l'usage de mots dits "provocateurs" du moment qu'ils sont utilisés avec tact et/ou poésie dans le but de l'édification. 

Cette expression que j'ai lue dans une de mes lectures pour mon cours d'éthique vient de Martin Luther, le "père" de la réforme protestante. Elle m'a interpellé forcément !

La voici dans son contexte :
La foi [...] unit l'âme au Christ comme une épouse à son époux. [...] Alors s'instaure une querelle et un échange joyeux. 

Le Christ étant en même temps Dieu et en même temps un homme qui n'a jamais péché, sa justice étant invincible, éternelle et toute-puissante, s'il fait siens (grâce à l'anneau de l'épouse, c'est à dire à la foi) les péchés de l'âme croyante et fait comme s'il les avait lui-même commis, alors les péchés doivent s'engloutir et se noyer en lui.

Car son invincible justice est trop forte pour tous les péchés, et l'âme se trouve alors, grâce à sa seule dot, sa foi, débarrassée, libre de tous ses péchés et douée de l'éternelle justice de son époux le Christ. 

 N'est-ce pas là un heureux ménage, quand un riche, noble et juste époux comme le Christ épouse une malheureuse petite putain, mauvaise et méprisée, la débarrasse de tous les maux et la pare de tous les biens ?
Je ne vais pas vous faire une réflexion théologique car ce serait inutile ; la pensée de Luther est très claire. Le choix de langage peut paraître "cru", OK. Je le vois plutôt comme un gentil rappel à l'ordre et un rappel à la mémoire : l'Eglise de Christ revient de loin. En effet, souvenons-nous de l'état dans lequel nous étions avant qu'il ne nous choisissent pour nous sauver, pour nous purifier et nous sanctifier ! 

Avant cela, nous étions tous des malheureuses petites putains. Et l'espérance et la liberté dont nous jouissons aujourd'hui sont le fruit de cette justice impeccable et invincible de Christ dont Luther parle, celle qui est à l'oeuvre en nous qui croyons.  Tout ça, c'est uniquement par sa grâce et son don immérité.

Hier, je traînais dans les rues de ce monde, souillée, perdue, à la recherche de vains plaisirs et le dos tourné à mon Créateur. Aujourd'hui, je marche avec mon Dieu, qui me relève de mes fautes et guide mes pas, ma main gauche est orné du plus bel anneau, et je sais que quelque part une robe blanche toute prête m'attend pour le jour où mon Jésus reviendra chercher sa belle Epouse !
 
 
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Aujourd'hui, c'est la Saint Valentin. La fête de l'amooOour. L'amour est une belle chose qui mérite d'être célébré,  je ne suis donc pas contre le principe de cette fête. 


En revanche, ce qui est intéressant, c'est l'origine de la Saint Valentin. Est-ce-que vous savez grand chose sur qui était ce Saint Valentin ? Valentin n'était ni un grand poète, ni un Don Juan, ou encore le mari parfait. C'était un chrétien, un prêtre en fait de la Rome antique (rome-antique ; roh le jeu de mots ! ok je sors...) , mort un 14 février en martyr pour sa foi. Sa fin ne fut, euh, pas très romantique si je puis dire ! Ecoutez cette petite vidéo de 10min si vous voulez en savoir plus sur les détails de son arrestation. 

Valentin s'était opposé en particulier à une fête païenne de l'époque (3e siècle ap JC) célébrée en février, une fête de la "fertilité" encourageant la promiscuité sexuelle. La "Saint Valentin" est sans doute un remplacement de cette vieille fête. Quelle ironie qu'aujourd'hui nous en sommes revenus au point de départ ! Le pauvre Valentin, s'il voyait ce que les hommes ont fait et retenu de son combat pour la liberté et la sainteté. Un peu comme ce qui se passe avec Noël et Pâques; on y ajoute des traditions humaines (cadeaux, chocolats etc) puis on ne retient que ça finalement, en cultivant l'ignorance et rejetant le vrai sens des choses.

Désormais, quand je pense à Valentin, ce que je retiens du témoignage et de la vie de cet homme, c'est qu'il aimait Jésus et ses commandements de tout son cœur. Il connaissait l'amour infaillible et parfait du Christ, ce qui lui a permit de tenir ferme, devant l'empereur romain, dans l'emprisonnement et dans la mort. C'est cet amour là que je veux célébrer aujourd'hui, un amour plus profond et plus puissant que tout.

Voici comment l'amour de Dieu s’est manifesté envers nous: Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que par lui nous ayons la vie.  

Et cet amour consiste non pas dans le fait que nous, nous avons aimé Dieu, mais dans le fait que lui nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés.

(la bible, 1 Jean 4:9-10)
 
 
Il y a des périodes où je me demande pourquoi je me sens si "fatiguée", pourquoi j'ai si peu d'engouement dans ma relation avec Dieu. 

J'aime Dieu. J'aime Jésus et je le vois à l'oeuvre dans ma vie. Mais ces derniers temps, surtout depuis mon retour en France, j'ai du faire face à des situations très, disons, surprenantes et ma relation avec Dieu en a pris un coup. Ma vie de prière n'est pas top et je lis ma bible plus pour mes études de théo que par plaisir. 

Puis il y a des moments ou je tombe sur un livre intéressant, une personne intéressante, un cours qui me stimule, une opportunité de parler de Dieu et HOP! Le feu reprend. Mais ça ne dure pas longtemps. Le soir même, c'est un miracle et un effort presque surhumain de sortir plus de trois mots de prière "Merci Jésus. Amen." avant de me coucher. Comme une montagne russe ou un grand-huit, ma vie de prière ces jours-ci monte, monte, monte très haut et puis ZOU! elle redescend, d'un coup, très très bas. Et je me sens fatiguée spirituellement. J'essaie de comprendre : pourquoi!? Dans ces moments de fatigue, il m'arrive souvent de blâmer ma scholiose ou mes migraines, ou bien la météo ou les devoirs à faire. Je viens d'avoir 30 ans (hier - yes!) alors maintenant je peux aussi blâmer ma "vieillesse"...

Le fait est, je viens de trouver la vraie réponse ! Celle qu'en fait je connaissais déjà mais que quelqu'un a bien mieux formulé que moi. Je n'aiguise pas ma scie*. Hein? Qu'est-ce qu'elle raconte? Le fait est, dès mon arrivée, j'ai essayé de combattre ma solitude en me lançant dans des projets, des aventures, des ministères, en ignorant et délaissant mes instruments de bataille, ma "scie" : la prière et la parole. A quoi servent des instruments s'ils sont rouillés ou émoussés ? 

Dans un petit livret que j'ai commencé à lire ce soir "Tout Pour Son Royaume", il y a une citation très sage d'un certain Thomas Chalmers qui a dit : "On ne peut pas espérer durer dans un ministère, ni faire un travail solide, si la piété personnelle et la spiritualité sont faibles, peu importe les dons que l'on peut avoir." Pour être honnête, cette dernière année ma spiritualité en a pris un coup. Mon ministère aussi ; j'ai vu peu de fruit et je ne m'en étonne pas. Ma piété personnelle... mouais... c'est plus du domaine du BOF. 

Et pourtant, je veux les promesses de Philippiens 1:1-9 dans ma vie. Ces paroles de Paul adressées aux chrétiens de Philippes (une ville en Macédoine ancienne, à l'époque de César, en gros) : 

"Et voici ce que je demande dans mes prières : c'est que votre amour gagne de plus en plus de connaissance et en parfait discernement pour que vous puissiez discerner ce qui est important. Ainsi vous serez purs et irréprochables au jour du Christ, où vous paraîtrez devant lui chargés d’œuvres justes, ce fruit que Jésus Christ aura produit en vous, à la gloire et à la louange de Dieu"

C'est ça dont j'ai besoin, ce discernement de ce qui est important, cette oeuvre de Christ en moi, ce fruit porté par lui et pour sa gloire. 

Certes, il y aura des jours ou la migraine ou le dos ou la vieillesse auront ma peau, et j'ai aussi besoin de discernement pour savoir quand m'arrêter et me reposer. Mais avant toute chose, ce qui est important c'est d'aiguiser ma scie avant de me jeter sur le premier arbre venu ! C'est de passer du temps dans la parole et la prière pour mon plaisir et celui de Dieu, c'est rechercher sa présence avant tout qui me nourrit et m'enseigne, avant de me lancer dans des projets fous et dire "oui" à tout. C'est seulement ainsi que je pourrais grandir et être fortifiée dans ma foi afin de produire ces œuvres justes que Dieu a préparées. 


*illustration tirée d'un livre séculier sur le leadership. 

 
 
Elle est venue, elle est bien là : 2014. Le début d'une nouvelle année. Ayant eu ma part de « nouveaux commencements » en 2013, je ne me sens pas particulièrement enthousiasmée par 2014 dans ce sens... 

Mais je suis pleine d'attentes quand même! Disons que je vois 2014 comme une sorte « d'arrière-plan » sur lequel Dieu va dessiner et poursuivre cette oeuvre un peu folle qu'il a commencé dans ma vie il y a 10 mois lorsque j'ai posé le pied sur le sol français.

En fait, Dieu a un peu l'habitude de faire ce genre de choses, prendre du vieux et en faire du neuf ! Ces paroles du prophète Esaïe annonciatrices de la venue du Messie en témoignent :

 « Voici ce que dit l'Eternel, celui qui ouvre un chemin dans la mer et un passage dans l’eau puissante, "Ne pensez plus aux évènements anciens, ne cherchez plus à comprendre ce qui est ancien! Je vais faire une chose nouvelle, qui est déjà en germe. Ne la remarquerez-vous pas? Je vais tracer un chemin en plein désert et mettre des fleuves dans les endroits arides." »

Dieu aura-t-il encore de nouvelles choses pour moi cette année ? Peut-être bien. Jésus va-t-il revenir? Que sais-je. Ce que je sais, c'est qu'il a déjà commencé cette oeuvre nouvelle en moi en Christ, et qu'il promet de la finir un jour quand je le verrai face à face.  

«Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. »

A tous et à toutes, une Bonne et Heureuse Année.
 
 
Maintenant que j'étudie les langues bibliques*, je peux me la jouer genre je sais écrire des trucs de la bible dans la langue originelle! N'empêche que c'est plutôt cool. =)

Donc qu'est-ce que c'est que ce titre bizarre? Et bien si on le lit à la française ça donne "Immanouel" en Hébreu, traduit le plus souvent par "Dieu avec nous". Et c'est là la grande et bonne nouvelle de Noel. 
 
Emmanuel = Dieu est avec nous. Il y a à peu près 2000 ans, Dieu s'est fait homme, il est venu parmi les siens pour accomplir sa promesse qu'il enverrait un Messie pour sauver son peuple de ses péchés. 

Son nom? Ἰησοῦς ce qui signifie en Grec, vous l'aurez peut être deviné : Jésus, ou en hébreu יֵשׁוּ dit Yéshua, "le Sauveur".

«Un Sauveur vous est né aujourd'hui dans la ville de David ; 
c'est lui le Messie, le Seigneur. » 
Evangile de Luc 2, 11. 

Fêtons donc Noël pour la vraie raison. Jésus est né. Lui qui plus tard prendra tous nos péchés sur la Croix. Il en mourra. Lui que même la mort et la tombe ne pouvaient retenir. Il ressuscitera. Le pardon et le salut sont désormais à la portée de quiconque croira en Lui : Jésus m'ouvre les portes du Paradis, alléluia ! N'est-ce pas là le plus cadeau? Moi en tout cas ça remplit mon cœur et ma tête de petites bulles de bonheur bien pétillantes et ça me donne envie de faire la fête. Célébrons donc dans la joie et dans la foi ! 

~~JOYEUX NOEL A TOUS~~

*petit clin d'oeil à mes profs de Grec et d'Hébreu si jamais ils passent par ici! ;-)
 
 
Je n'ai pas écrit grand chose depuis que j'ai repris les cours à la fac. J'ai au moins une douzaine de brouillons d'articles qui attendent d'être finis... C'est pas tellement le temps mais plutôt l'énergie cérébrale qui manque ! En attendant, et pour raviver un peu ce blog, voici une petite citation piquée à un de mes profs* :
"L'histoire humaine n'est pas perçue par les écrivains bibliques comme un navire en perdition dont personne ne tiendrait le gouvernail ! Même si le péché de l'homme a entraîné des turbulences dans la quiétude de cette traversée, il n'a pas eu pour autant le pouvoir d'arracher le gouvernail des mains du divin capitaine." 
Je vous laisse méditer dessus ! Sachant qu'elle fut écrite dans le contexte d'une réflexion sur le second retour de Jésus Christ dont la bible parle, ou la "fin des temps" - cette fin ayant un but et dans lequel nos vies présentes et futures s'inscrivent. Et oui, la vie est comme un long fleuve... tranquille? Ça j'en suis pas sûre! Mais un fleuve dont le cours Dieu a tracé, certes ! 

Ah, la souveraineté de Dieu, ça rassure quand même.

* Michel Johner est professeur d'éthique et doyen de la Faculté Jean Calvin, Institut de Théologie Protestante et Evangélique. Citation parue dans La Revue Réformée, 2000, article p69.
 
 
Voici une citation du catéchisme d'Heidelberg, un enseignement sous forme de 52 questions/réponses, rédigé en 1563 lors de la Réforme protestante en Allemagne sous l'impulsion de Frédéric III du Palatinat. Il a pour but d'enseigner (ou ré-enseigner !) l'évangile et encourager les croyants. La tradition veut qu'on le commence en janvier et qu'on l'étudie un peu chaque dimanche, mais bon, il n'est jamais trop tard pour ceux comme moi qui sont un peu à la traîne... 

(Introduction)

Question: "Quelle est ton unique assurance dans la vie comme dans la mort?

Réponse: C'est que, dans la vie comme dans la mort, j'appartiens, corps et âme, non pas à moi-même, mais à Jésus-Christ, mon fidèle Sauveur: par son sang précieux, il a totalement payé pour tous mes péchés et m'a délivré de toute puissance du diable: il me garde si bien qu'il ne peut tomber un seul cheveu de ma tête sans la volonté de mon Père qui est dans les cieux, et que toutes choses doivent concourir à mon salut. C'est pourquoi, par son Saint-Esprit, il m'assure la vie éternelle et me rend prêt et disposé à vivre désormais pour lui, de tout mon coeur."

Amen?

Pour le texte entier visitez ce lien.
En savoir plus : 4 raisons de découvrir le Catéchisme d'Heidelberg
 
 
J'allume la télévision. Il est 20h, c'est l'heure des infos. Qu'est-ce que ça va être ce soir : encore des malheurs, encore des guerres, encore des mécontentements ? Sans trop d'intérêt je prête une oreille mi-sourde, mi-concentrée, en essayant de retenir les mots importants. J'entends "crise économique" par ci, "mariage gay" par là, "conflit Syrien", "islamistes", "inondations”, “prise d’otages”, etc.

Je me lève pour aller chercher de l'eau. Ces histoires de tsunami, ça donne soif. Je reviens. Tiens, maintenant ça parle des coiffeurs à domicile en île-de-France. Une bouchée de spaghettis ou deux plus tard, je zappe. Oh ! Dr House sur le cable. Allez, on se détend un peu. Toutes ces mauvaises nouvelles de toute manière, ça file le bourdon.

Dans les 20 minutes qui viennent de s'écouler, j'aurai au pire ignoré ce que j'ai entendu; au mieux, ça m'aura indigné le temps d’un lourd soupir.

Combien de fois vous êtes-vous retrouvés dans cette situation ? Combien de fois avez-vous allumé la télé à 13h ou 20h avec un vrai désir d’apprendre ce qui se passe dans le monde autour de vous, avec l’espoir d’être peut être interpellé à faire “quelque chose”, pour en fin de compte vous sentir plus impuissants et dépités qu’autre chose ?

Je me suis souvent trouvée dans ce genre de situation, sauf que les infos en Angleterre étaient à 18h et c’était Doctor Who (pas House) ou un programme de cuisine qui suivait. Mais l’idée reste la même. Selon moi, à la source de ce problème est le fait que nous sommes encouragés à devenir et ne demeurer que des spectateurs de ce qui se passe autour de nous.  On ne nous responsabilise plus. A quoi bon ? Qu'est-ce que je peux faire de mon fauteuil ? Et pourtant, je suis convaincue que chaque individu (même de son fauteuil) a et peut jouer un rôle particulier dans le monde. Je crois aussi que nous avons tous une certaine responsabilité d'agir. Hélas, c'est un sujet qui je constate est de moins en moins populaire ! De nos jours au lieu de lutter pour la paix dans le monde, ben on va sur Wikipedia voir d'abord ce que ça veut dire. On réfléchit quelques instants, pensifs, puis... ben, rien. Au mieux, on mentionne la jour dans un statut facebook.
Mais ne nous arrêtons pas là. 

Je ne pense pas que ce soit entièrement la faute à internet si notre activisme a quelque peu dégringolé ces dernières années. Peut-être avons-nous échangé notre réflexion et notre volonté d'action pour une partie de Candy Crush. Peut-être que la société de consommation est devenue, en plus de cela, une société de divertissement. "Du pain et des jeux", que d'autre désire le peuple ?  

Je trouve ça tellement triste. Mais je me réjouis de ne pas être la seule que cela dérange.

Dans le monde artistique, certains ont réagi. Un auteur-compositeur Américain, John Mayer, il y a quelques années a chanté ces lignes : « Alors on attend, que le monde change tout seul. » A sa façon, Mayer veut nous faire prendre conscience que notre génération, qui se dit dépassée par l’énormité de la tâche, se trouve en fait des excuses pour ne pas agir. La même chanson nous lance le défi suivant « C’est sûr que c’est difficile de vaincre le système, surtout si on garde ses distances ». 
Un autre auteur, du groupe écossais Travis, a écrit à ce même sujet dans sa chanson « The Beautiful Occupation », dans laquelle il dénonce l’attitude passive et apathique de certains : « On le lit dans les journaux, on le regarde à la télé, on le met de côté puis on verra après… Ne restons pas plantés là, à rien faire… ça me dépasse ». 

Ça fait réfléchir, non ? Je me suis aussi souvent sentie dépassée par l’énormité de la tâche mais voilà: j’en ai marre de rester plantée à ne rien faire.

Revenons à notre fameux JT télé. Il y a tellement de choses passant aux infos qui devraient non seulement nous encourager à compatir, mais aussi  à nous sentir responsables et nous inviter à réagir de manière intelligente. Mais à mon avis, c'est loin d'être le cas. A qui la faute ? Je pense qu’on pourrait passer de longues heures à en discuter ! Est-ce la faute aux médias et la manière dont ils nous présentent les choses ? Peut-être. Je déteste les infos sur TF1 par exemple, présentées comme un menu à la carte avec pour commencer les grands titres et en guise de dessert des nouvelles toutes guillerettes (en fait, dont personne n’a rien à cirer) pour nous enlever le « mauvais goût » de tout ce que l’on vient de voir. 

Ma théorie c’est que, peu importe la cause, la vérité est que nos cerveaux et nos cœurs sont complètement désensibilisés. Nous sommes blasés. Toujours les mêmes problèmes, jamais de vraies solutions, alors qu’est-ce qu’on est sensés faire, hein ? Alors on pratique l’ « action passive » ; comme dans la chanson de Travis on reste « plantés là » entre deux bouchées de spaghettis ; on se dit qu’au fond s’informer c’est déjà ça, après ben c’est aux écolos d’aller stopper les tueurs de baleines et aux ministres d’inventer des lois. 
Le malaise, c’est que peu de gens semblent désireux ou conscients qu’il est possible de s’engager dans de petites actions qui font du bien sur le long-terme. De nos jours, on veut changer le monde, tout et tout de suite, de manière dramatique, et si possible sans que cela me fasse rater ma partie de boules ce samedi. Alors, on ne sait pas par où commencer et on se sent dépassés. Normal, non ? 

Pas sûre. Est-ce que ne rien faire est une solution ou une forme efficace de protestation ? Ce principe selon moi est débile. Nous avons été créés humains, c'est-à-dire des êtres relationnels, spirituels, culturels, émotionnels et empreints d'autorité et responsabilité. Nous avons besoin d’agir afin de nous sentir vivants, afin de nous exprimer et nous affirmer pleinement. En gros : on a besoin de bouger. Alors, bougeons !

Certes, tout le monde n’est pas appelé à aller vivre dans la jungle congolaise pendant 30 ans pour sauver les gorilles de l’extinction, mais on peut faire des pétitions, on peut recycler nos déchets et par ce biais sensibiliser nos enfants au besoin de préserver la nature qui donne l’air que leurs enfants respireront. Tout le monde n’a pas le pouvoir d’éradiquer la faim dans le monde, mais peut-être je peux faire un don à la Croix Rouge, prendre part à une soupe populaire ou bien parrainer un enfant ? Tout le monde ne connait pas la formule miracle pour guérir la dépression, mais on peut de temps en temps frapper à la porte de notre vieille voisine qui ne sort jamais de chez elle, et offrir un peu de compagnie ou de réconfort. Tout le monde ne se réveille pas le matin avec en tête le meilleur projet de loi pour vaincre le racisme ou bien la délinquance, mais on peut passer une heure de moins sur internet et aller papoter avec les marchands du coin, apprendre de leur histoire, leurs racines, ou bien prendre un ballon et aller jouer au foot avec les jeunes du quartier et créer des liens.

Est-ce que ce la paraît si difficile ? Mon but n’est pas de juger ou de vous faire vous sentir coupables. Au contraire ! Je suis une novice dans tous ces domaines. Mais nous avons le pouvoir de faire la différence et d’encourager la prise de conscience. De montrer un peu d'amour. En anglais, le mot pour amour et aimer est le même : love. On dit donc, que puisque l’amour (love) est un verbe, « l’amour est une action ». Je ne parle pas d’amour romantique, mais plutôt de charité et responsabilité envers notre prochain. C’est par ces petits actes d’amour, un après l’autre, que les choses peuvent changer. Peut-être pas tout de suite ; au 21ème siècle tout le monde veut que tout aille toujours plus vite, ne soyons pas des victimes de cette mentalité. Peut-être pas non plus de manière dramatique ; bien souvent on ne recevra ni salaire ni gloire en retour. Mais certainement de manière radicale. Car n’y-a-t’ il pas dans le monde égoïste dans lequel nous vivons rien de plus radical que l’amour accompagné d’œuvres et de (même petits) sacrifices ? Je ne pense pas. 
J’ai beaucoup de respect pour Mère Theresa et cette citation fameuse « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » ou bien comme certains l’ont traduit « Vous devez incarner le changement que vous voulez voir se réaliser ». Elle pouvait dire cela car sa vie en était l’exemple. Elle a montré tant d’amour par le don de sa personne, son temps, son aide pratique ; pour elle l’amour était clairement une action, pas un simple vœu pieux. Une autre inspiration est celle de Jésus Christ, qui a vécu une vie irréprochable. A son procès, le juge romain Pilate annonça à la foule des accusateurs « Je ne trouve en lui aucun motif de le condamner ». Un juste et innocent venu pour mourir et prendre la punition pour les pécheurs ? C’est un concept très radical et révolutionnaire, n’est-ce-pas ? Même la bible le dit ! « Peut-être accepterait-on de mourir pour quelqu’un de bien. Mais voici comment Dieu a démontré son amour envers nous : alors que nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous ». Quand on aime on le dit, et on le montre. C’est ce que ces deux personnes ont fait. Leur exemple m’aide à réfléchir sur la manière dont je vis et si ma vie incarne vraiment les valeurs auxquelles je dis croire.

A notre façon, dans notre contexte, nous pouvons faire du bien autour de nous, nous pouvons changer peut-être pas le monde entier, mais nous pouvons faire la différence quelque part. Alors, par où vas-tu commencer ?

 
 
Tu m'as fait ce que je suis,
et tu m'as tissé dans le ventre de ma mère.
Merci d'avoir fait de moi une créature aussi merveilleuse:
tu fais des merveilles,
et je le reconnais bien.

Les médias français n'ont pas beaucoup parlé de l'affaire Gosnell. M. Kermit Gosnell est un docteur de la ville de Philadephie aux USA qui vient d'être jugé coupable pour meurtre et risque la peine de mort. Quels furent ses crimes?

Pendant 30 ans Dr Gosnell a dirigé une clinique d'avortement où lui et son personnel sous qualifié ont opéré dans des conditions plus qu'insalubres. Ils avaient pour coutume de traiter les patientes avec des drogues illégales et dangereuses, d'opérer sans le matérial de chirurgie adéquat et de favoriser les patientes blanches en leur donnant les salles d'attentes les plus hygiéniques. A plusieures reprises, Gosnell et son équipe terminaient des grossesses en forcant l'accouchement et en sectionnant les colonnes vertébrales des nouveaux-nés vivants au niveau du cou à l'aide de ciseaux (ils appelaient ça le "snipping" - des experts médicaux en ont conclu que pour un nouveau-né cela était l'équivalent d'une décapitation). Ces nouveaux-nés étaient pour la plupart âgés de 24 semaines ou plus, et dans l'état de Pennsylvanie les foetus sont considérés viables après cette date; c'est donc illégal et considéré comme meurtre. Lun des foetus n'était plus un foetus, mais un beau bébé âgé de 30 semaines.

J'ai suivi l'affaire sur les médias anglophones et j'ai cherché mais n'ai pas trouvé de site médiatique francophone ayant couvert cette affaire de manière satisfaisante. C'est sur un blog québécois que j'ai trouvé le plus d'infos donc je vous partage le lien. (PS. Je tiens à préciser que je n'adhère pas forcément à tous les points de vue partagés sur ce blog sur d'autre thèmes, à vous de juger, je m'en tiens à cet article sur Gosnell). 

Que ressentez-vous après avoir lu cet article? Colère, rage, profond dégoût, tristesse, indignation? Si vous rencontriez cet homme et auriez l'occasion de lui poser une question, laquelle serait elle? Peut-être serait-ce la même que celle du procureur au cours du procès: "Êtes-vous humain?"

J'aurais beaucoup à m'exprimer sur ce sujet. Je suis contente que justice ait été faite et que cet homme fut reconnu coupable de meurtre. Enfin, il y a encore des gens sur cette planète devenue folle pour prendre la défense de ces êtres humains innocents, faibles qui furent arrachés à la vie prématurément. Personnellement, je n'ai jamais compris le principe de l'avortement si ce n'est un acte purement égoiste et meurtrier. Qui sommes-nous et qu'avons nous contribué à la terre et à Dieu pour décider de détruire des vies humaines sous prétextes de contrainte de temps, d'argent, de 'liberté' ou que sais-je? J'en ai le coeur brisé et les larmes aux yeux à chaque fois que j'y pense.

Ma citation du début est un extrait du psaume 139. Je vous invite à revenir en haut et le relire. Dans ce psaume le roi David s'adresse à Dieu. Il reconnait et apprécie son don miraculeux de vie.

"Tu m'as tissé dans le ventre de ma mère." Ce verset a aussi été traduit "au sein de ma mère". Le sein, le creux, l'intérieur d'un utérus est sensé être l'endroit et l'environnement le plus sûr pour un bébé, là où il grandit, où il se forme jour après jour. Et c'est dans le creux de ce refuge calme, chaud et douillet, où le seul son que l'on puisse entendre est ce petit écho: "boum... boum... boum...", que nous sommes depuis des décennies venus détruire et arracher des millions de vies, disposant d'eux par la suite comme d'une vieille serviette hygiénique sale. Ça me révolte et me dégoûte, sincèrement. Je ne suis pas contre les moyens de contraception qui empêchent la conception. Ce à quoi je m'oppose c'est ce que je viens de décrire, détruire une vie humaine déjà formée, qu'importe le prétexte. Nous ne sommes pas des vies jetables au même titre qu'un rasoir ou sac plastique.

N'êtes-vous pas heureux que lorsque vous étiez un foetus, quelqu'un s'est battu pour vous? Que ce soit vos parents ou bien des organisations, des personnes ont prié, milité, voire protesté dans les rues afin que vous (et des millions d'êtres humains) puissiez voir la lumière du jour. Quand on y pense, si tout le monde était un sympathisant de l'avortement et bien d'ici peu il n'y aurait plus personne pour sympathiser avec eux...! Je me demande s'ils réalisent l'ironie de la chose. 

Bref... pour conclure  je voudrais citer la bible, qui a beaucoup à dire sur la beauté et l'importance et ce miracle qu'est la Vie.

Il n'y a aucune vie humaine qui ne fut et ne sera jamais "pas prévue" ou bien "un accident" dans les yeux du Tisserand. Il est Ata-el-Roî, "Mon Dieu qui me voit/ qui voit tout". (Genèse chapitre 16)

La différence entre Gosnell et Dieu? L'un voit la vie en tant que quelque chose d'arbitraire, d'acquis et un objet à mépriser. L'autre en est le créateur, l'essence même; il la voit en tant que chose précieuse, qui vale la peine d'être chérie, protégée et sauvée coûte que coûte.

Que justice soit faite, Amen.