Quand j'ai commencé à écrire cet article il y a 2-3 mois, j'ai hésité à le publier de peur que mes lecteurs ne se sentent offusqués. Je suis grande amatrice de l'usage de mots dits "provocateurs" du moment qu'ils sont utilisés avec tact et/ou poésie dans le but de l'édification. 

Cette expression que j'ai lue dans une de mes lectures pour mon cours d'éthique vient de Martin Luther, le "père" de la réforme protestante. Elle m'a interpellé forcément !

La voici dans son contexte :
La foi [...] unit l'âme au Christ comme une épouse à son époux. [...] Alors s'instaure une querelle et un échange joyeux. 

Le Christ étant en même temps Dieu et en même temps un homme qui n'a jamais péché, sa justice étant invincible, éternelle et toute-puissante, s'il fait siens (grâce à l'anneau de l'épouse, c'est à dire à la foi) les péchés de l'âme croyante et fait comme s'il les avait lui-même commis, alors les péchés doivent s'engloutir et se noyer en lui.

Car son invincible justice est trop forte pour tous les péchés, et l'âme se trouve alors, grâce à sa seule dot, sa foi, débarrassée, libre de tous ses péchés et douée de l'éternelle justice de son époux le Christ. 

 N'est-ce pas là un heureux ménage, quand un riche, noble et juste époux comme le Christ épouse une malheureuse petite putain, mauvaise et méprisée, la débarrasse de tous les maux et la pare de tous les biens ?
Je ne vais pas vous faire une réflexion théologique car ce serait inutile ; la pensée de Luther est très claire. Le choix de langage peut paraître "cru", OK. Je le vois plutôt comme un gentil rappel à l'ordre et un rappel à la mémoire : l'Eglise de Christ revient de loin. En effet, souvenons-nous de l'état dans lequel nous étions avant qu'il ne nous choisissent pour nous sauver, pour nous purifier et nous sanctifier ! 

Avant cela, nous étions tous des malheureuses petites putains. Et l'espérance et la liberté dont nous jouissons aujourd'hui sont le fruit de cette justice impeccable et invincible de Christ dont Luther parle, celle qui est à l'oeuvre en nous qui croyons.  Tout ça, c'est uniquement par sa grâce et son don immérité.

Hier, je traînais dans les rues de ce monde, souillée, perdue, à la recherche de vains plaisirs et le dos tourné à mon Créateur. Aujourd'hui, je marche avec mon Dieu, qui me relève de mes fautes et guide mes pas, ma main gauche est orné du plus bel anneau, et je sais que quelque part une robe blanche toute prête m'attend pour le jour où mon Jésus reviendra chercher sa belle Epouse !
 





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