Il y a des périodes où je me demande pourquoi je me sens si "fatiguée", pourquoi j'ai si peu d'engouement dans ma relation avec Dieu. 

J'aime Dieu. J'aime Jésus et je le vois à l'oeuvre dans ma vie. Mais ces derniers temps, surtout depuis mon retour en France, j'ai du faire face à des situations très, disons, surprenantes et ma relation avec Dieu en a pris un coup. Ma vie de prière n'est pas top et je lis ma bible plus pour mes études de théo que par plaisir. 

Puis il y a des moments ou je tombe sur un livre intéressant, une personne intéressante, un cours qui me stimule, une opportunité de parler de Dieu et HOP! Le feu reprend. Mais ça ne dure pas longtemps. Le soir même, c'est un miracle et un effort presque surhumain de sortir plus de trois mots de prière "Merci Jésus. Amen." avant de me coucher. Comme une montagne russe ou un grand-huit, ma vie de prière ces jours-ci monte, monte, monte très haut et puis ZOU! elle redescend, d'un coup, très très bas. Et je me sens fatiguée spirituellement. J'essaie de comprendre : pourquoi!? Dans ces moments de fatigue, il m'arrive souvent de blâmer ma scholiose ou mes migraines, ou bien la météo ou les devoirs à faire. Je viens d'avoir 30 ans (hier - yes!) alors maintenant je peux aussi blâmer ma "vieillesse"...

Le fait est, je viens de trouver la vraie réponse ! Celle qu'en fait je connaissais déjà mais que quelqu'un a bien mieux formulé que moi. Je n'aiguise pas ma scie*. Hein? Qu'est-ce qu'elle raconte? Le fait est, dès mon arrivée, j'ai essayé de combattre ma solitude en me lançant dans des projets, des aventures, des ministères, en ignorant et délaissant mes instruments de bataille, ma "scie" : la prière et la parole. A quoi servent des instruments s'ils sont rouillés ou émoussés ? 

Dans un petit livret que j'ai commencé à lire ce soir "Tout Pour Son Royaume", il y a une citation très sage d'un certain Thomas Chalmers qui a dit : "On ne peut pas espérer durer dans un ministère, ni faire un travail solide, si la piété personnelle et la spiritualité sont faibles, peu importe les dons que l'on peut avoir." Pour être honnête, cette dernière année ma spiritualité en a pris un coup. Mon ministère aussi ; j'ai vu peu de fruit et je ne m'en étonne pas. Ma piété personnelle... mouais... c'est plus du domaine du BOF. 

Et pourtant, je veux les promesses de Philippiens 1:1-9 dans ma vie. Ces paroles de Paul adressées aux chrétiens de Philippes (une ville en Macédoine ancienne, à l'époque de César, en gros) : 

"Et voici ce que je demande dans mes prières : c'est que votre amour gagne de plus en plus de connaissance et en parfait discernement pour que vous puissiez discerner ce qui est important. Ainsi vous serez purs et irréprochables au jour du Christ, où vous paraîtrez devant lui chargés d’œuvres justes, ce fruit que Jésus Christ aura produit en vous, à la gloire et à la louange de Dieu"

C'est ça dont j'ai besoin, ce discernement de ce qui est important, cette oeuvre de Christ en moi, ce fruit porté par lui et pour sa gloire. 

Certes, il y aura des jours ou la migraine ou le dos ou la vieillesse auront ma peau, et j'ai aussi besoin de discernement pour savoir quand m'arrêter et me reposer. Mais avant toute chose, ce qui est important c'est d'aiguiser ma scie avant de me jeter sur le premier arbre venu ! C'est de passer du temps dans la parole et la prière pour mon plaisir et celui de Dieu, c'est rechercher sa présence avant tout qui me nourrit et m'enseigne, avant de me lancer dans des projets fous et dire "oui" à tout. C'est seulement ainsi que je pourrais grandir et être fortifiée dans ma foi afin de produire ces œuvres justes que Dieu a préparées. 


*illustration tirée d'un livre séculier sur le leadership. 

 





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